Bonjour la critique ! – 2ème partie

Une observation et une formulation objectives

Une critique se fonde aussi sur une observation rigoureuse de la situation. Tout en tenant compte de l’aspect émotionnel, on doit donner à l’autre des exemples concrets des comportements problèmes et des résultats attendus — qui a fait quoi quand— et non se contenter de généralités abstraites que l’autre ne peut percevoir et sur lesquelles on peut s’obstiner indéfiniment.

On doit pouvoir expliquer à l’autre les inconvénients survenus dans le passé à cause de sa façon d’agir. En partant de perceptions nécessairement différentes on doit parvenir à des critères objectifs sur lesquels les deux pourraient s’appuyer. Des critères observables et mesurables permettent de faire passer la critique de la subjectivité pure à une objectivité reconnue par les deux partenaires.

Une critique est un cours pratique sur une nouvelle façon de faire.

Tel un bon prof, on doit expliquer pourquoi changer, montrer comment changer et donner le goût de changer.

On doit être à la fois objectif en décrivant ce que l’autre a fait et subjectif en exprimant ce qu’on éprouve dans cette situation.

Avant de parler, on doit se poser la question : « Qu’est-ce que la façon d’agir de l’autre m’empêche de faire ? » et l’autre doit avoir une vision claire de ce qu’on attend de lui.

Les trois secrets des critiques professionnels

On peut en apprendre beaucoup en ce domaine en observant les critiques professionnels, les consultants, ceux à qui on fait appel quand on veut améliorer une situation. On fait appel à eux quand on veut changer des choses ; on leur demande alors lesquelles et surtout comment les améliorer. Par exemple, on agit comme l’entraîneur qui critique son athlète afin de l’amener à se dépasser.

Leur conduite est révélatrice.

D’abord, ils attendent qu’on leur demande leur opinion. Ils attendent même qu’on soit prêt à payer pour nous donner leur avis !

Puis, si l’autre accepte, ils donnent leur point de vue, Ils «donnent» un conseil, ils l’offrent. Ils appuient leurs dires sur des observations nombreuses et rigoureuses et sur des connaissances et une expérience riche en compétence transférables.

Enfin, ils laissent leur «client» choisir d’appliquer ou non leur conseil. Sachant que la responsabilité d’orienter son développement lui revient, ils ne le harcèlent pas de remontrances et de sarcasmes. Ils jouent vraiment le rôle de soutien

Situations délicates

Chaque situation exige de choisir avec soin son interlocuteur, ses mots, le moment, l’endroit et la situation où la donner.

Avant de critiquer, on évalue les conséquences de critiquer et celles de ne pas critiquer cette personne là, ici et maintenant. On évite évidemment de critiquer l’autre devant ses camarades, son patron, son associé.

On dose ses critiques selon l’état émotif et physique de l’autre, selon la gravité de la situation, selon les effets recherchés à long terme.

Si ta critique est trop dure, l’autre ne la prendra pas et n’apprendra pas.

Si ta critique est trop faible, l’autre ne la prendra pas et n’apprendra pas.

Vaut mieux ne pas accumuler les critiques pour assommer l’autre avec une liste de griefs. On critique sur le moment même, si on peut être spontané et sincère. Comme les critiques importantes concernent souvent des situations qui se reproduisent, on peut choisir le moment où aborder le sujet. On a alors le temps de bien se préparer !

Ne critique pas lorsque tu es en colère, tu transmettrais à l’autre la confusion dans laquelle tu es toi-même !

On se permet de critiquer dans un domaine où on a eu une compétence reconnue… par l’autre !

Si on est mal à l’aise de critiquer l’autre, vaut mieux le lui dire dès le départ. Il comprendra qu’on est sensible à son bien-être comme au le nôtre dans cette situation. Cette sincérité importe plus que le sujet de la critique.

La chose la plus importante est de bien orienter son message. Comme on lui propose une autre façon d’agir, l’autre peut facilement réagir au fait qu’on se «mêle de ses affaires». Si on établit clairement à qui appartient le problème on s’évite bien des frictions.

Si tu n’acceptes pas ce que l’autre fait parce que ça te nuit, demande-lui son aide.

Si tu n’acceptes pas ce que l’autre fait parce que tu crois qu’il  se nuit, offre-lui ton conseil.

On ne critique pas des opinions. On échange avec l’autre nos opinions respectives.

Recevoir une critique

Personne ne peut avoir l’assurance que les critiques qu’il recevra seront formulées avec sensibilité et précision. La façon de la recevoir fait alors toute la différence, tant dans l’évolution de la discussion que dans l’expérience intérieure qu’on en retire. Tout comme on peut apprendre à mieux donner une critique, on peut apprendre à mieux la recevoir. Recevoir la critique signifie l’accueillir, et non pas l’approuver.

Reçois la critique : ne te mets pas sur la défensive, ne te justifie pas.

Écoute, comprends le problème de l’autre, et engage-toi à  améliorer la situation.

Reçois une critique comme tu reçois une lettre.

Prends-en connaissance, prêtes-y attention, prends le temps de la comprendre.

Tu verras plus tard comment y donner suite.

C’est le temps de respirer à fond, de comprendre l’essentiel du message de l’autre, qui, habilement ou mal habilement, dit sans doute, au fond, quelque chose comme : « J’éprouve une difficulté. » « J’ai besoin de ton aide. » « Je veux réussir, mais je ne sais plus comment faire.»

Quand on a fait l’expérience de la valeur de la critique, on aime la donner, et on apprécie la recevoir. On transforme la critique, même piètrement formulée, en une occasion de  changement. Cet art difficile de recevoir la critique de ses collaborateurs et de ses clients vaut son pesant d’or.

On n’a pas à craindre la critique si on a fait de son mieux.

La critique, ça s’apprend

La prochaine fois que vous aurez une critique à donner ou à recevoir ne vous demandez pas si vous devez la faire ou non. Cherchez comment le faire et passez à l’action. Il n’est jamais trop tard pour développer cette science et cet art essentiels pour réussir vos relations.

Pour savoir comment vous améliorer, invitez vos collègues, vos coéquipiers, vos clients à vous critiquer.

Observez ! À long terme, les autres vous critiqueront de la même façon que vous les critiquez.

Pour progresser sans cesse sur ce terrain inégal observez les résultats de vos critiques et ensuite modifiez votre façon d’agir en conséquence.

Plus vous vous entraînerez, plus vous saurez critiquer adéquatement dans une situation imprévue.

Vous saurez que vous savez critiquer quand on vous demandera de donner franchement votre avis !

P.S. Si vous avez des critiques à nous formuler écrivez-nous !

Jacques Lalanne, MA, CRHA, Actualisation

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